Troisième partie de cette master class !
Après la tenue du sommet de la Terre de Rio, et l'élection
de Bill Clinton et de son vice-président Al Gore en 1992, les industriels
ripostent. La Global Climate Coalition (GCC), un groupe de pression, finance
des études biaisées, soutient des experts climatosceptiques et mène un intense
lobbying pour semer la confusion et retarder toute régulation. Parallèlement,
la mondialisation s'accélère. Alors que les émissions de gaz à effet de serre
explosent, le protocole de Kyoto, qui vise à les réduire, est adopté fin 1997.
Mais l'échec de sa ratification aux États-Unis, puis l'arrivée au pouvoir de
George W. Bush sonnent comme une victoire pour les industriels. Si la GCC
disparaît, sa stratégie perdure à travers des think tanks ultralibéraux,
proches des extrêmes droites populistes, qui infiltrent les conférences
internationales sur le climat et profitent de la caisse de résonance des
réseaux sociaux. Bientôt, un mot s'impose face à l'évidente intensification du
réchauffement climatique : l'adaptation, stratégie à la fois impérative et
inopérante pour freiner la catastrophe, envisagée depuis longtemps comme la
seule option réaliste par les élites politiques et économiques.
