13 décembre 2020

Le monde respire

 Un documentaire essentiel raconté par Thomas Dutronc




Ce film, dont le récit nous est conté par Thomas Dutronc, donne longuement la parole à une quinzaine de personnalités engagées sur le terrain de l’environnement parmi lesquelles on retrouve Nicolas Hulot, Aymeric Caron, Bouli Lanners et Bertrand Piccard pour ne citer qu’eux. Militants écologistes, scientifiques, artistes, académiciens, jeunes actifs pour le climat, responsables d’ONG, toutes et tous estiment que cette crise du Covid dit quelque chose du fonctionnement de nos sociétés et de notre rapport aux grandes questions environnementales.  Pour ces personnalités, le constat est clair : si on ne profite pas de l’arrêt imposé par la crise sanitaire pour inventer un autre monde, nous aurons vraisemblablement gâché nos dernières chances.  Au-delà de ces entretiens avec des personnalités de premier plan, Le Monde Respire est aussi allé à la rencontre de dizaines d’anonymes et d’entreprises dont l’engagement pour un monde plus résilient et plus juste ne date pas de la crise du Covid.


Visionner ce documentaire sur rtbf auvio


Bullshit jobs, merci Jeff (et d'autres) !

 

En Italie, des saisonniers d’Amazon sont réduits à vivre dans des camping-cars


Symbole de la révolution numérique, l’économie 4.0 bouleverse les codes, construit d’énormes usines au milieu de nulle part et popularise une nouvelle façon de vivre : la vie en camping-car sur le parking de l’entreprise de Rovigo.



Centre de distribution Amazon de Rovigo, en Vénétie, 189.000 mètres carrés à cheval sur deux communes, près de 1.000 salariés et un nom, Blq1, qui n’est autre que le code de l’aéroport le plus proche, celui de Bologne. Mais le colosse de l’e-commerce transforme également la vie de ses travailleurs en défi logistique : contrats précaires et bas salaires constituent un obstacle insurmontable dans la recherche d’un logement. Certains choisissent donc de vivre dans un camping-car, juste devant leur lieu de travail. Le travail, le travail et encore le travail.

« Avec le salaire que je touche, je ne peux rien m’offrir d’autre », assure Massimo Straccini, 58 ans, originaire de Ferrara. A ses côtés, son épouse Edena, d’origine brésilienne, qui espère être engagée, tout comme son mari. Massimo est un des préposés au stockage. Il a été embauché le 7 octobre dernier par l’entreprise de Seattle qui, de 120 salariés au départ, a pratiquement multiplié sa main-d’œuvre sur place par dix pour pouvoir faire face au Black Friday et à la période des fêtes. Des chiffres monstrueux qui dépasseraient presque le nombre d’habitants des petites communes de San Bellino et Castelguglielmo, où le dépôt est sorti de terre.


La suite sur lesoir.be ou ici



16 novembre 2020

Le changement de paradigme dans l’aménagement du territoire en Wallonie, c’est pour quand ?


Une opinion de François Provenzano, professeur en Sciences du langage. L'auteur s'exprime à titre personnel.


L'intégralité du texte est publiée avec l'aimable autorisation de son auteur.



Source : topomapviewer.ngi.be


Il est désormais évident pour tout le monde que les crises sanitaire, climatique, écologique, socio-économique que nous traversons nous imposent de modifier nos lieux de vie, nos façons de les habiter, et plus généralement notre rapport au vivant.


Il est désormais évident pour tout le monde que les crises sanitaire, climatique, écologique, socio-économique que nous traversons nous imposent de modifier nos lieux de vie, nos façons de les habiter, et plus généralement notre rapport au vivant. Ce rapport, conçu principalement sur le mode de l’exploitation et de la rentabilisation au seul profit de l’humain, a conduit aux catastrophes que nous connaissons. Celles-ci sont vécues au quotidien de manière aiguë par les femmes et les hommes ordinaires, qui luttent pour retrouver une prise sur leurs vies, et dont pourtant les préoccupations semblent encore inaudibles à bien des décideurs politiques. Est-il possible de participer à la chose publique, y faire valoir son point de vue, lorsqu’il s’agit de questions qui concernent l’environnement de vie immédiat des personnes ?

Par exemple, très concrètement, une ville wallonne moyenne de 40 000 habitants (1 700 habitants/km2), qui souffre d’un taux de pollution de l’air préoccupant, qui héberge plusieurs zones industrielles lourdes, dont certaines sont aujourd’hui désaffectées, qui ne comporte aucun parc public, dont les moyens de transport et les écoles sont saturés, peut-elle aujourd’hui raisonnablement considérer la construction d’un lotissement résidentiel sur le dernier poumon vert de son centre-ville comme un choix politique en phase avec les préoccupations de sa population ?

L’aménagement du territoire est ainsi placé aujourd’hui face à l’exigence d’un double changement de paradigme : d’une part il faut prendre acte de l’impasse à laquelle conduisent les politiques d’urbanisation menées jusqu’à présent et infléchir radicalement les priorités dans le sens d’une majeure protection de l’environnement et d’une rénovation du bâti existant, d’autre part il faut redonner à la voix citoyenne un poids réel et une valeur d’expertise dans les choix d’aménagement du territoire qui concernent les lieux de vie quotidienne des personnes.

Plusieurs villes et régions d’Europe ont compris l’urgence de ce changement de paradigme. De nombreux médias s’en font désormais les relais. Même les architectes se demandent aujourd’hui sérieusement s’il ne faut pas "arrêter de construire du neuf", et parlent de "ménagement du territoire". La Wallonie est au milieu du gué : il y a bien, dans les déclarations de principe et dans quelques exemples ponctuels, des signes d’une prise de conscience, qui sont malheureusement contredits par les inerties et les obsolescences de bien d’autres situations.

La ville de Herstal – c’est bien d’elle dont il s’agissait ci-dessus – est un triste exemple de cette dernière catégorie. Le dernier poumon vert de son centre-ville, reconnu comme "Site de Grand Intérêt Biologique" dans un rapport du SPW relatif à la biodiversité en Wallonie, est aujourd’hui menacé par un projet d’urbanisation qui parait sorti des années 1980, de ce temps où l’on pensait pouvoir ouvrir des voiries comme les cow-boys du Far West, élever des tours d’immeubles pour maximiser son retour sur investissement, bétonner des places de parking pour que tout le monde soit content, et planter deux haies autour d’un banc pour créer l’illusion d’une placette conviviale. Et anéantir ainsi des espaces verts en se disant qu’il y en a suffisamment ailleurs, ou que les toitures végétalisées feront bien l’affaire. Ce temps est révolu. C’est ce qu’ont exprimé les riverains, à plusieurs reprises et sous de multiples formes : plus de 200 réponses à l’enquête publique, près de 1500 signatures à une pétition, la création d’une plateforme de mobilisation citoyenne, une interpellation citoyenne au Conseil communal, des articles dans la presse. À ce jour, sans effet. Qu’en conclure ? Que la participation citoyenne aux questions d’aménagement (de ménagement) du territoire relève de la fiction démocratique. Que les responsables politiques collaborent plus volontiers avec les promoteurs immobiliers (mais pourquoi ?) qu’avec les citoyen.nes qui les ont élu.es.

Certains veulent des places de parking, d’autres veulent des vrais arbres qui apportent de la fraîcheur et de la tranquillité. Certains veulent des appartements de 50 m2 à 250 000 euros, d’autres veulent des parcs publics pour faire jouer leurs enfants ou observer la nature. Certains veulent faire du profit en achetant des parcelles à bas prix pour y développer une plus-value immobilière, d’autres veulent simplement mener une vie digne et bonne dans l’environnement qui est le leur. Il est peut-être temps de reconnaitre que les seconds sont plus nombreux que les premiers, et que l’histoire tend désormais à leur donner raison.

Article original sur lalibre.be



12 novembre 2020

Contrôle de synthèse 2 - Novembre 2020


 Contrôle de synthèse 2 - Objectifs (pdf)


Le Vendée Globe 2020-2021


1. 

1. Identifier sur un planisphère ou sur un profil de la Terre les 5 parallèles particuliers. Donner leur latitude en degrés et minutes (Localisation p.9).

 2. Définir « latitude » et « longitude » (Localisation p. 7).

 3. Construire géométriquement, sur un profil de la Terre, des parallèles (latitudes). Voir construction de gauche en p. 8 (Localisation).

 4. Construire géométriquement, sur une coupe de la Terre au niveau d’un parallèle, des méridiens (longitudes). Voir construction de droite en p. 8 (Localisation).

 5. Calculer en degrés et minutes des coordonnées géographiques (Localisation pp. 10 et 11 + fiche 1).

 6. Reporter sur un planisphère des coordonnées géographiques (fiche 2 + report du collège et de Sydney – voir classroom).

 

Matériel à ne pas oublier

Equerre aristo - Calculatrice - Crayons de couleurs (rouge, vert)

 

 


03 novembre 2020

Le Vendée Globe '20 (départ le 08 novembre)

Un peu d'évasion ...

Le Vendée Globe est à ce jour la plus grande course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance. L’événement s’est inscrit dans le sillage du Golden Globe qui, en 1968, initia la première circum navigation de ce type par les trois caps (Bonne Espérance, Leeuwin et Horn). Sur les neuf pionniers à s’élancer en 1968 un seul réussit à revenir à Falmouth, le grand port de la Cornouailles anglaise. Le 6 avril 1969 après 313 jours de mer, le Britannique Robin Knox-Johnston arrivait enfin au but. Vingt années plus tard, c’est le navigateur Philippe Jeantot qui, après sa double victoire dans le BOC Challenge (le tour du monde en solitaire avec escales), lance l’idée d’une nouvelle course autour du monde, en solitaire, mais … sans escale ! Le Vendée Globe était né. Le 26 novembre 1989, treize marins prennent le départ de la première édition qui durera plus de trois mois. Ils ne seront que sept à rentrer aux Sables d’Olonne.









30 octobre 2020

A moins d'une transformation radicale du système économique, les pandémies comme le Covid-19 vont se multiplier


Le rapport alarmant de l'ONU : "Les pandémies vont se multiplier, faire plus de morts et avoir des impacts dévastateurs sur l'économie mondiale"



Il a bon dos ... !

Les 22 scientifiques mandatés par l'IPBES pour élaborer ce rapport en urgence, sans bénéficier du processus habituel intergouvernemental d'évaluation et d'approbation, ont passé en revue des centaines d'études récentes sur les liens entre l'Homme et la nature, notamment sur les conséquences de la destruction de la nature par les activités humaines.

Mais "blâmer les animaux sauvages pour l'émergence de ces maladies est erroné", insistent les experts, pointant du doigt l'Homme et les traces qu'il laisse sur son environnement.

"La modification de l'utilisation des terres, l'expansion et l'intensification de l'agriculture, ainsi qu'un commerce, une production et une consommation non soutenables perturbent la nature et accroissent les contacts entre vie sauvage, animaux d'élevage, pathogènes et humains. C'est la voie vers les pandémies".





01 octobre 2020

Contrôle de synthèse 1 - Octobre 2020

 

Contrôle de synthèse 1 - Objectifs (pdf)


Détroit de Gibraltar - Portulan du XVIème siècle



  1. Convertir une échelle linéaire en échelle numérique et inversement.
  2. Restituer une rose des vents à 16 directions.
  3. Localiser un lieu par rapport à un autre, en donnant une direction et en calculant une distance réelle à vol d'oiseau.
  4. Utiliser les qualificatifs en rapport avec les points cardinaux.
  5. Définir la notion de continent.
  6. Citer le nom des 6 continents et des 4 océans.
  7. Reconnaître sur un planisphère 23 limites naturelles des continents.
  8. Localiser sur un planisphère 23 limites naturelles des continents (inverse de l'objectif précédent).
  9. Localiser sur un planisphère les grandes agglomérations urbaines suivantes : Séoul, Pékin, Shangai, Tokyo, Bombay, Jakarta, Londres, Paris, Moscou, New York, Los Angeles, Le Caire, Rio de Janeiro.
  10. Délimiter sur un planisphère l'Asie, l'Amérique, l'Afrique, l'Europe et l'Océanie.
  11. Citer le nom des 5 parallèles particuliers, connaître leur latitude, les identifier sur une coupe de la Terre ou sur un planisphère.

Matériel
  • Latte
  • Calculatrice 
  • Crayons de couleurs




14 septembre 2020

Pour redémarrer, sur un ton léger !



Source :Yes vous aime (Broute/Canal +)



16 juin 2020

Changer le modèle agricole

Comment changer un modèle agricole qui a atteint ses limites





Le bio et les circuits courts ou un prix abordable, ce serait l’un ou l’autre. Faux, répliquent l’agronome Philippe Baret et l’économiste Philippe Defeyt. Dans le monde d’après le covid-19, il est grand temps d’ouvrir les yeux sur les coûts cachés de notre modèle agricole.


Une alimentation « saine, écologique et locale, à un prix abordable » : six Belges sur dix sont preneurs, selon une enquête réalisée pour Greenpeace, à laquelle Le Soir faisait récemment écho. Voilà ce qui devrait réjouir les promoteurs d’un nouveau modèle alimentaire, centré sur le bio, les circuits courts et la relocalisation de la production.

Mais voilà : est-il possible de combiner local/bio et bas prix ? Les consommateurs sont-ils prêts à payer plus cher pour (mieux) manger – et donc à consacrer une part plus importante de leur budget à la nourriture ? Un nouveau modèle de production alimentaire est-il réellement une option dans une Europe où, malgré les discours sur « le monde d’après », le libre-échange mondial reste l’alpha et l’oméga de la politique commerciale ?



Pour en débattre, nous avons réuni un économiste, Philippe Defeyt, ancien président du CPAS de Namur et cofondateur de l’Institut pour un Développement Durable, et un agronome, Philippe Baret, professeur à l’UCLouvain.


14 juin 2020

Un grand "coup de pouce" à "Pensée Sauvage" !


"Pensée Sauvage, c'est deux apprentis artistes engagés, qui ont pour ambition de changer le monde à leur manière et de vous donner envie d'y participer".




L'agriculture post confinement




11 juin 2020

La même chose en pire ?

Humeur - Le monde post-pandémie? Le même qu’avant, «un peu pire»



Lydia Peeters, la ministre flamande de la Mobilité, a effectué cette semaine l’un des vols
les plus courts de l’histoire de l’aviation pour promouvoir une compagnie privée de jets. 
Bruxelles-Anvers, moins de 40 kilomètres... alors que partout les petites liaisons
aériennes sont remises en cause. - Belga.


Une humeur de Michel De Muelenaere

Que sera le monde d’après ? Celui post-pandémie ? Beaucoup croisent les doigts pour qu’il soit mieux qu’avant. Certains y œuvrent. Mais d’autres travaillent déjà pour qu’il soit « un peu pire » qu’avant.


Que sera le monde d’après ? Beaucoup croisent les doigts pour qu’il soit mieux qu’avant. D’autres y œuvrent. Et puis, il y a ceux, comme l’écrivain français Michel Houellebecq, qui jugent qu’après, ce sera la même chose « en un peu pire ». Il n’est pas le seul à penser de la sorte. Et franchement, il y a de quoi les rejoindre. Car à restaurer ce « un peu pire », beaucoup y travaillent également.


Dans les médias, les bonnes vieilles habitudes publicitaires sont ainsi revenues au galop. Voiture, smartphones, produits alimentaires à prix écrasés… Pour les premières, indique une étude menée par un universitaire liégeois, près de neuf annonces sur dix font la promotion d’un véhicule dont les émissions de CO2 sont supérieures à la moyenne des voitures vendues en 2019 (121,2 g/km). Trois-quarts sont même supérieures à 140 g/km. Plus polluant qu’avant la crise du Covid-19… Le monde d’avant en un peu pire.

Concernant les seconds, toutes les compagnies de téléphonie mobile, même celles qui se poussent du col écologiste, continuent à encourager le client à se défaire de son vieux téléphone – que celui-ci soit en bon état de fonctionnement ou pas importe peu – en échange d’un abonnement de longue durée. Peu importe, comme le dit le site d’un de ces mêmes opérateurs, que leur fabrication « a des conséquences fort dommageables » et que l’extraction des matériaux et métaux précieux qui les compose est « très polluante ». 









31 mai 2020

Repenser notre rapport aux animaux

Jane Goodall: «Cette pandémie, nous l’avons causée nous-mêmes»





Elle envoie des messages vidéo à son équipe sur le terrain et sur les réseaux sociaux, donne des conférences en ligne, participe à des meetings, crée des podcasts et répond à des milliers de courriels. Elle se filme aussi en train de lire certains de ses livres pour les enfants qui sont confinés, dont In the shadow of man, sur ses premières années avec les chimpanzés, car cette année marque le 60e  anniversaire du jour de son arrivée à Gombe, en Tanzanie, le 14 juillet 1960. « Avec mon équipe de communication de l’Institut Jane Goodall, je me suis créé une Jane virtuelle et je n’ai jamais été aussi occupée de ma vie », confie la célèbre primatologue Jane Goodall depuis sa maison familiale de Bournemouth, au Royaume-Uni.



Cette pandémie, nous l’avons causée nous-mêmes. Tout cela était prévisible depuis des années. C’est le résultat de notre manque de respect pour la nature et les animaux. Nous détruisons les écosystèmes, nous rassemblons les animaux et les forçons à entrer en contact plus étroit avec les humains, ce qui a pour effet le pillage des cultures lorsqu’ils doivent s’installer dans notre habitat à la recherche de nourriture. Nous chassons, tuons et mangeons des animaux sauvages, nous nous adonnons au trafic pour les vendre comme animaux de compagnie. Sur les marchés de la faune d’Asie, de nombreuses espèces de différents pays sont vendues pour la nourriture et souvent tuées sur place. Ce n’est pas seulement horriblement cruel, car les animaux sont entassés dans de minuscules cages, mais les conditions ne sont pas hygiéniques. Cela crée un environnement parfait pour que virus et bactéries se propagent d’un animal à un humain. Il existe une situation similaire sur les marchés africains, où la viande de brousse est vendue. Les conditions sont tout aussi cruelles, et généralement non hygiéniques, dans nos fermes dites industrielles, où des milliards d’animaux sont élevés dans des conditions horribles de surpopulation. Les scientifiques estiment que trois nouvelles maladies humaines sur quatre sont des zoonoses passées de l’animal à l’homme.


Si nous continuons à vivre comme nous le faisons sur cette planète, nous savons que la vie s’éteindra à un certain moment à cause de la crise climatique. Les conditions météorologiques du monde entier ont déjà été perturbées et les tempêtes, les inondations, les sécheresses ne feront qu’empirer et se multiplier. Cela arrivera si nous ne remettons pas en question notre désir dominant de développement économique illimité sur une planète aux ressources naturelles limitées. Les épidémies deviendront plus courantes, les zoonoses plus fréquentes, d’autres pandémies pourraient augmenter en nombre et en gravité. Malheureusement, de nombreux politiciens et chefs d’entreprise sont impatients de reprendre les affaires comme avant. La Terre continuera de chauffer, les glaces à fondre, le niveau des mers s’élèvera, et ainsi de suite, alors que nous continuons à détruire les forêts et à polluer l’océan. Nous sommes au milieu de la sixième grande extinction. Encore plus d’espèces vont disparaître. Nous devons nous rappeler que nous faisons partie du monde naturel et en dépendons pour notre existence.


ou ici

Entretien accordé à la Tribune de Genève



26 mai 2020

Ensemble pour la biodiversité





La biodiversité est essentielle à notre survie et à notre bien-être. Elle nous nourrit et nous guérit. Elle nous fournit en oxygène et en eau potable. La biodiversité prend soin de nous, mais elle est en danger. Il est urgent de changer et d'agir afin de sauvegarder la vie sur notre terre et par là-même nos vies. Agissez avec nous. Chaque geste compte car c’est l’addition de toutes nos initiatives qui fera la différence.





26 avril 2020

"Il va falloir du courage politique pour éviter les vieilles ficelles"


Pour réfléchir à la période qui succédera à la crise du coronavirus, franceinfo donne la parole à des intellectuels, experts et activistes. Premier grand entretien avec Valérie Masson-Delmotte, climatologue et coprésidente du groupe n°1 du Giec.



Extraits choisis...


Il y a quelques jours, vous avez déclaré chez nos camarades de franceinfo TV que "cette pandémie était liée à la destruction des habitats naturels". Pouvez-vous développer ?

Je ne suis pas du tout dans mon domaine de compétence. Mais je peux préciser que les rapports précédents du Giec avaient un angle qui portait sur les interactions climat-environnement-santé. Les angles spécifiques pris étaient les suivants : dans le rapport sur le réchauffement planétaire de 1,5 °C, nous abordions la manière dont la qualité de l'air va jouer en termes de santé publique. La dégradation de la qualité de l'air est liée à des composés qui agissent également sur le climat, parfois des coproduits quand on brûle du pétrole, du charbon, du gaz, du bois…

Par exemple, la notion de santé planétaire, sur le fait que la santé humaine va aussi dépendre de la santé des écosystèmes et de l'état du climat, ou bien l'angle one health, qui fait le lien entre la santé humaine et la santé animale, y compris des animaux d'élevage, et la santé des écosystèmes.
Ce mode de développement contribue à poursuivre les rejets de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique et de l'ensemble de ses conséquences, y compris l'intensification d'événements extrêmes comme les vagues de chaleur dont nous savons très bien qu'elles posent des problèmes en matière de santé humaine.



Vous racontiez aussi, dans un récent interview, que chez vous, vous entendiez à nouveau le chant des oiseaux avec l'arrêt de l'aéroport qui se trouve non loin. Cette crise est dramatique d'un point de vu sanitaire, social, économique mais est-ce qu'elle a au moins une conséquence positive sur l'environnement ?

La baisse d'émissions associée à l'arrêt forcé de toute activité industrielle, économique et de transport, ce n'est pas du tout cela dont nous parlons quand nous parlons de l'action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, renforcer la résilience de nos sociétés ou réduire la pression sur les écosystèmes.

Nous ne parlons pas du tout d'arrêter les choses de manière forcée. Nous parlons d'utiliser toute l'innovation technologique et sociale, toute l'intelligence collective pour agir sur la manière dont nous produisons les choses et nos choix de consommation, de sorte à réduire, de manière importante, tenace dans la durée, les pressions que nous exerçons sur l'environnement tout en nous permettant de vivre mieux, de vivre dignement. C'est très différent, il ne faut surtout pas faire de confusion par rapport à la situation actuelle.
Une de vos collègues me demandait hier quel était le mot que j'associais à la situation de crise actuelle. Je me suis vraiment posé la question et je crois que le mot que je voudrais utiliser est celui de fragilité. C'est délibéré, c'est le contre-pied du vocabulaire guerrier, du mot de résilience, qui veut dire que nous prenons des chocs, que nous nous reconstituons et que nous allons au-delà du choc. Je pense que nous avons aussi besoin de voir la fragilité de nos sociétés. Nous ne sommes pas tous égaux devant cette crise sanitaire, nous ne serons pas égaux devant la crise économique et financière. Il y a des choses qui vont être exacerbées par rapport à la crise actuelle et à ses conséquences.

C'est le même enjeu par rapport au changement climatique. C'est important de regarder en quoi nous sommes vulnérables et exposés. C'est important de voir comment nous pouvons construire une stratégie ambitieuse d'action pour renforcer la résilience de nos sociétés, pour construire un développement qui permette à tous de vivre dignement, avec des emplois non délocalisables et qui ont un sens, tout en réduisant régulièrement, fortement les émissions de gaz à effet de serre.

Avant de parler de l'après-crise, je voudrais que nous prenions quelques minutes pour bien poser les bases du problème qu'est le réchauffement climatique. Aujourd'hui, où en est-on par rapport à ce problème, comment vous résumeriez la situation ?
Par rapport au changement climatique, nous émettons massivement des gaz à effet de serre, qui ont des caractéristiques différentes. Certains ont un effet sur le temps long, d'autres ont un effet plus éphémère. En ajoutant ces gaz à effet de serre, nous empêchons une partie de la chaleur de la Terre de partir vers l'espace et le climat lui-même réagit à cette perturbation avec des facteurs amplificateurs. L'évolution actuelle du climat, le réchauffement de 1 °C qui est observé, ne s'explique que par l'influence humaine sur le fonctionnement des grands équilibres planétaires.
Il y a donc une partie qui est inéluctable, il va falloir faire avec. Mais l'évolution future du climat va dépendre profondément de deux choses : notre capacité à réduire les émissions de CO2, parce que ce gaz à effet de serre a un effet cumulatif. Ce qui va faire le réchauffement à venir, c'est la somme des émissions de GES passées, actuelles et à venir, c'est quelque chose que nous nous passons entre générations. Si nous voulons que le climat se stabilise par la suite, il faut engager délibérément une baisse de ces émissions de CO2 en agissant sur tous les leviers d'action possible.

Un plan de relance, par exemple, qui miserait sur une reprise d'une croissance non-stop du trafic aérien, ou bien sur des véhicules type SUV qui ont une grosse consommation de carburant est quelque chose qui va en sens orthogonal à ce que serait une action pour maîtriser l'impact du transport sur les émissions de gaz à effet de serre. Nous pourrions contenir une partie de la demande sur les voyages aériens, nous pourrions aussi avoir des véhicules beaucoup moins consommateurs, plus légers, électriques ou hybrides qui baissent fortement la consommation et les émissions de gaz à effet de serre.



16 avril 2020

Les humains doivent cesser de "mépriser" la nature





C’est en 1960 que le Dr. Jane Goodall a posé le pied pour la première fois dans ce qui est maintenant connu comme le Parc National de Gombe Stream, où elle débuta ses recherches novatrices sur les chimpanzés sauvages. Elle n’avait alors que 26 ans. Son projet de recherche ne ressemblait à aucun autre et nous a tellement enseigné sur nos plus proches cousins dans le royaume animal.


C'est le "mépris" de notre environnement qui a causé la crise du Covid-19, estime Jane Goodall, 86 ans, primatologue britannique qui a voué sa vie à la défense des animaux, notamment les chimpanzés, et de l'environnement. Mais il est temps d'apprendre de nos erreurs et tenter d'éviter de futures catastrophes, plaide-t-elle.

Comment percevez-vous cette pandémie ?
Jane Goodall : C'est notre mépris pour la nature et notre manque de respect pour les animaux avec lesquels nous devrions partager la planète qui ont causé cette pandémie, qui avait été prédite de longue date. Car à mesure que nous détruisons, par exemple la forêt, les différentes espèces d'animaux qui l'habitent sont poussées en proximité forcée et des maladies passent d'un animal à un autre, et un de ces animaux, rapproché par force des humains, va probablement les infecter.
Ce sont aussi les animaux sauvages chassés, vendus sur des marchés en Afrique ou en Asie, notamment en Chine, et nos élevages intensifs où nous parquons cruellement des milliards d'animaux, ce sont ces conditions qui donnent l'occasion aux virus de faire le saut entre les espèces vers les humains.



28 mars 2020

Nous y voilà, nous y sommes ...

L'humanité en péril
Virons de bord, toute !
Editions Flammarion




"Mais bon sang, comment vais-je me sortir de cette tâche insensée ? De cette idée de m’entretenir avec vous de l’avenir du monde vivant ? Alors que je sais très bien que vous auriez préféré que je vous livre un roman policier.
Il y a dix ans, j'avais publié un très court texte sur l'écologie. Et quand on m'a prévenue qu'il serait lu à l'inauguration de la COP 24, c'est alors que j'ai conçu un projet de la même eau, un peu plus long, sur l'avenir de la Terre, du monde vivant, de l'Humanité. Rien que ça."
Ce livre, qui explore l'avenir de la planète et du monde vivant, souhaite mettre fin à la "désinformation dont nous sommes victimes" et enrayer le processus actuel.


Fred Vargas




22 mars 2020

Ce n'est pas l'écologie qui est punitive, mais le manque d'écologie qui le devient ...


Contre les pandémies, l’écologie


Même au XXIe siècle, les vieux remèdes apparaissent aux yeux des autorités chinoises comme le meilleur moyen de lutter contre l’épidémie due au coronavirus. Des centaines de millions de personnes subiraient des restrictions dans leurs déplacements. N’est-il pas temps de se demander pourquoi les pandémies se succèdent à un rythme de plus en plus soutenu ?


par Sonia Shah 

Sonia Shah est une journaliste d'investigation américaine et auteur d'articles
 et de livres sur le pouvoir des entreprises, la santé mondiale et les droits de l'homme.
 


Serait-ce un pangolin ? Une chauve-souris ? Ou même un serpent, comme on a pu l’entendre un temps avant que cela ne soit démenti ? C’est à qui sera le premier à incriminer l’animal sauvage à l’origine de ce coronavirus, officiellement appelé SRAS-CoV-2. dont le piège s’est refermé sur plusieurs centaines de millions de personnes, placées en quarantaine ou retranchées derrière des cordons sanitaires en Chine et dans d’autres pays. S’il est primordial d’élucider ce mystère, de telles spéculations nous empêchent de voir que notre vulnérabilité croissante face aux pandémies a une cause plus profonde : la destruction accélérée des habitats.

Depuis 1940, des centaines de microbes pathogènes sont apparus ou réapparus dans des régions où, parfois, ils n’avaient jamais été observés auparavant. C’est le cas du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), d’Ebola en Afrique de l’Ouest, ou encore de Zika sur le continent américain. La majorité d’entre eux (60 %) sont d’origine animale. Certains proviennent d’animaux domestiques ou d’élevage, mais la plupart (plus des deux tiers) sont issus d’animaux sauvages.

Or ces derniers n’y sont pour rien. En dépit des articles qui, photographies à l’appui, désignent la faune sauvage comme le point de départ d’épidémies dévastatrices. il est faux de croire que ces animaux sont particulièrement infestés d’agents pathogènes mortels prêts à nous contaminer. En réalité, la plus grande partie de leurs microbes vivent en eux sans leur faire aucun mal. Le problème est ailleurs : avec la déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation effrénées, nous avons offert à ces microbes des moyens d’arriver jusqu’au corps humain et de s’adapter.

La destruction des habitats menace d’extinction quantité d’espèces. parmi lesquelles des plantes médicinales et des animaux sur lesquels notre pharmacopée a toujours reposé. 



Pierre Rabhi, de son nom d'origine Rabah Rabhi, né le 29 mai 1938 à Kenadsa, en Algérie,
est un essayiste, romancier, agriculteur, conférencier et écologiste français,
fondateur du mouvement Colibris et figure représentative de l'agroécologie en France. Vous pouvez l'écouter ici.