10 avril 2018

La mondialisation du tourisme, quelles conséquences pour l'environnement ?


Le président philippin Rodrigo Duterte, a décidé de fermer l'île de Boracay aux touristes, parce qu'elle s'est transformée, selon lui, "en fosse septique". Les hôtels et les restaurants déversent leurs eaux usées dans la mer, et cela fait mal quand on sait que chaque année, 2 millions de touristes fréquentent les centaines d'hôtels et de restaurants de ce petit coin de paradis. Interrogé sur La Première, Jean-Michel Decroly, docteur en sciences géographiques et professeur de tourisme à l'ULB juge cette mesure "radicale. A ma connaissance ça ne s'est pas encore vu, ou très rarement. Ce qui est évidemment paradoxal dans cette affaire Boracay, c'est que l'île n'avait pas été fermée, mais la baignade y avait été interdite il y a 20 ans, en 1997, pour exactement les mêmes raisons. C'est-à-dire pour déversement d'eaux usées, et donc d'excréments dans les eaux. Vraisemblablement en raison des courants marins, ça s'accumule, ça provoque à la fois des odeurs insupportables, mais aussi ça peut engendrer des problèmes sanitaires. C'est une mesure qui traduit la crainte des autorités nationales de voir se ternir brutalement l'image d'une destination qui est très réputée".

Les habitants de l'île qui travaillent dans le secteur du tourisme redoutent cette mesure. Il y a 500 hôtels qui emploient 17.000 personnes sur cette toute petite île. Comment préserver les emplois d'une part, et l'environnement de l'autre ? "Pour moi, c'est avant tout une question de régulation" répond Jean-Michel Decroly. "Les collègues étrangers qui ont étudié le développement du tourisme à Boracay mettent en évidence l'absence, à la fois de réglementation claire par rapport à l'équipement de base en infrastructures, ne serait-ce que d'évacuation des eaux usées, et la grande difficulté des autorités locales à mettre en œuvre les quelques éléments de règles dont il dispose. Dès lors, à ce moment-là, les activités économiques, ici le tourisme, se développent sans contraintes, sans limites, et donc engendrent des externalités environnementales. Mais ça peut être aussi des externalités sociales importantes qui remettent en question l'activité elle-même. Puisque, à partir du moment où les eaux sont tellement polluées que l'odeur qu'elles dégagent est insupportable, qu'il est dangereux de s'y baigner, cela remet en question le tourisme".
"On en parle parce que ça touche le tourisme, un domaine qui nous concerne, mais de telles dégradations, on les rencontre dans de très nombreuses villes qui ont connu une croissance rapide dans les pays en voie de développement" poursuit-il.



Deux métropoles nord-américaines : Chicago et San Francisco


Un type d'organisation de l'espace urbain en Amérique du Nord








22 mars 2018

L'être humain pourrait-il manquer d'eau ?


Le Forum mondial de l'eau s'achève au Brésil. Il rassemble tous les trois ans des chefs d'états et des élus locaux, mais aussi des représentants de l'industrie et de la société civile: plus de 40.000 personnes sont réunies en ce moment à Brasilia.  

Et cette année, une question inquiétante alimente les débats: l'être humain va-t-il manquer d'eau? Les prévisions sont alarmistes. 


En 2050, 5 milliards 700 millions d'humains devraient manquer d'eau

Un rapport inquiétant de l'ONU a été présenté en ouverture du Forum. Le rapport mentionne qu'aujourd'hui déjà plus de la moitié de la population mondiale vit dans une zone où l'eau peut manquer au moins un mois par an.  Et d'ici 2050, ce nombre devrait exploser: 5.700.000 d'humains pourraient être concernés. Il y aura toujours de l'eau en abondance sur la planète, mais ce qui manquera c'est l'eau nécessaire à la vie humaine : l'eau potable et l'eau non-polluée indispensable à la culture et aux élevages. 

Dans les villes et les campagnes

Les regards se sont tournés cette année vers Le Cap notamment, en Afrique du Sud... Après plusieurs saisons très sèches, la ville s'est retrouvée avec des réserves très basses, au point de devoir restreindre fortement la consommation des habitants. Et les autorités du Cap ont failli devoir couper purement et simplement l'eau du robinet. 
Au Chili, dans la province de Petorca, au centre du pays, certaines rivières sont asséchées depuis des années. Plus de grenouilles, plus de crevettes. Plus de végétation verdoyante sauf celle des avocatiers. La culture intensive des avocats a été développée pour l'exportation. Les habitants dénoncent une irrigation intensive qui a asséché les sols et les rivières aux alentours, qui a rendu impossibles les cultures de dimension familiale. Les habitants quittent les villages.  

L'humain tarit l'eau

Plusieurs raisons causent cette baisse des réserves d'eau nécessaire à l'homme. L'économiste Riccardo Petrella, défenseur de l'accès de tous à l'eau pointe particulièrement l'agriculture intensive tournée vers l'exportation et la pollution de certaines industries.  
"Le système agricole actuel, intensif, est en grande partie responsable" analyse-t-il, "mais il faut ajouter que pour certaines formes de pollution, les industries chimique et minière sont plus dévastatrices que l'agriculture elle-même. Pour l'agriculture, les effets sont plus répandus: l'irrigation intensive, les produits chimiques, fertilisants, pesticides, etc. On les retrouve partout dans le monde. Pour l'industrie, les effets des activités chimiques et minières sont beaucoup plus localisés et concentrés mais encore plus dévastateurs." 

13 mars 2018

Des élevages complètement déconnectés de la nature




Chaque année en Belgique, quelque 300 millions de poulets sont élevés et abattus pour la consommation. Plus de 90% proviennent d’élevages intensifs, entassés par dizaines de milliers dans d’immenses poulaillers.
Autrefois réservé aux dimanches et aux grandes occasions, le poulet est devenu en quelques décennies un produit de consommation de masse, à faible coût. Les animaux, eux, le payent de leur vie, souvent très cher.
Face aux souffrances graves occasionnées par ce mode d’élevage, GAIA demande à l’ensemble des chaînes de supermarchés et aux consommateurs de ne plus mettre en vente et de ne plus acheter de viande de poulets élevés dans des conditions portant gravement atteinte au bien-être animal, en optant pour des alternatives (plus) respectueuses des animaux.



08 mars 2018

L'impact de la consommation de viande

Pour Greenpeace, le Belge continue à manger trop de viande




Le Belge mange, en moyenne, entre 770 et 980 grammes de viande par semaine, soit 2 à 2,5 fois plus que les recommandations officielles qui préconisent une consommation maximum de 400 grammes de viande par semaine, selon les chiffres d'un rapport international de Greenpeace consacré à l'impact de la consommation de viande sur le réchauffement climatique.

"Seuls 10% des Belges respectent ces recommandations officielles. Et même chez les enfants de 3 à 13 ans, la consommation de protéines animales est près de 2 fois plus élevée que nécessaire", regrette l'organisation environnementale.
Pourtant, manger moins de viande "n'a que des avantages en termes de santé, de climat, d'environnement et de bien-être animal alors que chaque année, en Belgique, plus de 300 millions d'animaux sont tués pour être consommés", justifie Greenpeace pour qui, "si rien n'est fait, l'agriculture représentera dans les prochaines décennies 52% du total des émissions de gaz à effet de serre, dont 70% pour la seule production de viande et de produits laitiers."
L'organisation note toutefois un changement d'habitudes de consommation, notamment en Belgique où 66% des personnes interrogées dans le cadre de l'étude se disent prêtes à réduire leur consommation et 60% l'ont déjà fait durant les cinq dernières années. Par ailleurs, une majorité des Belges sondés (54%) estiment qu'il faudrait manger moins de viande afin de lutter contre le réchauffement climatique, 72% considérant que manger trop de viande n'est pas sain.



04 mars 2018

Contrôle de synthèse 4 - Mars 2018



Carte de Bruxelles /Braun et Hogenberg, 1572-1612
Bibliothèque Royale de Belgique
M = mémorisation
T = transfert

1. Calculer l'indice d'aridité d'E. de Martonne (T).

2. Localiser les principaux déserts chauds (M).

3. Définir la notion de désertification (M).

4. Citer les 5 causes principales de la désertification (M).

5. Identifier dans divers documents (textes, cartes et iconographies) les éléments paysagers qui permettent de situer une ville européenne (T).

6. Comprendre et utiliser correctement le vocabulaire hydrographique suivant : rivière, fleuve, affluent, confluent, source, embouchure, amont/aval, rive droite/rive gauche, méandre, bassin hydrographique, débit, crue. Voir fiche 7. (T)

7. Expliquer de façon générale la situation des métropoles européennes. Voir les conclusions sous le tableau de situation Bruxelles/Paris (M).

8. Définir la notion de plan radioconcentrique (M).

9. Identifier, sur une carte ancienne, les éléments du plan radioconcentrique. Voir carte Bruxelles 1550. (T)

10. Dynamique de la ville européenne au Moyen Age : expliquer en quoi des éléments naturels ont conditionné le développement de l'urbanisation (souvent de façon asymétrique) et la localisation de certaines structures, telles qu'un port, des marchés, une forteresse militaire, ... Voir "Le grand canal de l'économie" + questionnaire (T).


Matériel
  • Calculatrice
  • Crayons de couleurs



27 février 2018

Une réflexion très intéressante sur l'enseignement ...

J'angoisse à l'idée que ce professeur étrange ne se trompait finalement pas si lourdement (OPINION)




Une lettre ouverte de Baudouin De Rycke, auteur de deux ouvrages sur l'enseignement parus récemment aux éditions Edilivre : "De mémoire d’âne" et "Réussir à l’école par la connaissance de soi".


Chers ministres,

Il y a quelques années, j’ai rencontré un professeur étrange…Ses idées allaient à l’encontre des vôtres, et je vous demande de me conforter dans l’idée qu’il se trompait lourdement, car depuis lors, quelques signes pourraient lui avoir donné raison, et cela m’angoisse...
Il prétendait que le gouvernement ne raisonnait pratiquement qu’en termes de refinancement et de performance.
Concernant le refinancement, je l’ai rassuré tout de suite : vous avez toujours fait preuve de désintéressement dans vos réformes, déclarant d’ailleurs ouvertement que l’aspect financier n’était que secondaire dans l’organisation des études.
Quant à votre prédilection pour la performance, je lui ai rappelé qu’il ne fallait pas prendre l’école pour une organisation caritative, mais la considérer avant tout comme un facteur de relance économique.
Je lui ai également ouvert les yeux sur la détresse des membres du gouvernement, obligés de se soumettre sans cesse aux exigences du système économique mondial. Dans ces conditions, lui ai-je dit, tu dois comprendre une fois pour toutes que le savoir et le savoir-faire revêtent une importance capitale : il nous faut être compétitifs, et le savoir-être n’entre que dans une bien faible mesure dans le jeu de la concurrence… ! Mais rien n’y fit…
Il affirmait que plusieurs, sans le dire, pressentaient que l’échec de nos élèves était lié directement à la terrible déshumanisation de notre société, à l’immense vague de désenchantement qui s’abattait sur elle, à un système de vie complètement dépouillé d’esprit, système de vie que vous invitiez les jeunes à partager toujours plus par votre indifférence à l’égard des mesures non-utilitaires ! A mon avis, il rêve…
...
- Comment développer, dans nos écoles, des valeurs telles que la rigueur ou la persévérance, dans une société qui prône le "tout avoir" avec le moins d’efforts possible ?
- Comment développer, chez nos élèves, la patience, mère des plus grandes réalisations humaines, dans une société qui idéalise la vitesse, l’efficacité ou encore le zapping ?
- Comment développer la confiance, chez nos élèves, dans une société qui désespère à longueur de journaux télévisés (chômage, crimes, guerres, corruption, catastrophes…) et de conversations déprimantes… ?
...



25 février 2018

Un sol sans vers de terre, c'est un sol qui meurt ...

Le cri d'alarme d'Hubert Reeves : "La disparition des verres de terre, aussi grave que le réchauffement climatique"


C'est un sage qui jusque là avait plutôt la tête dans les étoiles. Aujourd'hui, il nous revient avec un cri d'alarme très terre à terre: Hubert Reeves, le célèbre astrophysicie, continue à 85 ans son combat pour sauver la planète: "Nous sommes en train de vivre un anéantissement biologique" alerte-t-il, en passage au museum de sciences naturelles de Bruxelles, "une extinction de masse des animaux".

"La diminution des vers de terre, ça ne fait pas la une des journaux. Cependant, c'est tout aussi grave que le réchauffement climatique. Il faut alerter sur l'importance de préserver la nature sous cette forme qui est proche de nous mais que la plupart du temps nous ignorons, parce que ça marche tout seul"
Notre civilisation est en train de surexploiter toutes les ressources de la nature au détriment des animaux ou des insectes qui peuplent la terre et ses océans, prévient-il.